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Mettre l’outil numérique à la disposition de tous et faciliter les échanges - 2009

lundi 15 février 2010

Un article de Muriel Rochut, publié fin 2009 dans le journal de quartier La Page - Paris 14e.

Les Jardins numériques

Mettre l’outil numérique à la disposition de tous et faciliter les échanges.

Née en 2005, l’association commence avec les moyens du bord !La première salle informatique ne fait que 18m au 4e étage d’un bâtiment géré par l’association Reille, face au parc Montsouris.
L’espace est réduit mais l’ambition est grande ! L’association veut aller au-delà de la réduction de la facture numérique. Son objectif : créer, gérer et animer des espaces numériques partagés sur la base de partenariats, d’échanges d’expériences et de montage de projets avec les habitants et leurs associations. Et les jardiniers sont efficaces. La graine plantée, ils enracinent alors dans le terreau fertile du tissu associatif du 14e arrondissement. Et grâce au dynamisme de l’équipe, les jardins grandissent. A chaque fois c’est une histoire de rencontres, d’où germe un faisceau d’idées, dont quelques-unes seront mises en œuvre sans plus tarder !

Loin du cyber-café
« Ce qui est bien aux Jardins Numériques(JN), c’est que nous nous entraidons et que nous échangeons nos savoirs en matière d’informatique », explique Marie-Jo, adhérente à l’association depuis sa création. ’’J’y viens surtout consulter mes mails car je n’ai pas d’ordinateur chez moi. Du coup, je rencontre des personnes de toutes catégories et de tous âges’’, continue Marie-Jo. Et c’est le but principal des Jardins : se servir de l’outil numérique pour que les gens se rencontrent dans une ambiance conviviale et connaissent d’autres d’autres lieux.

Les espaces sont souvent animés en partenariat avec d’autres structures : des amicales de locataires, des CHRS(Centre d’hébergement et de réinsertion sociale), des foyers de jeunes travailleurs ou des structures associatives(Le Château Ouvrier, le centre social Didot). Ils installent les ordinateurs, assurent la maintenance. En échange,les structures mettent à disposition gratuitement des salles et des créneaux horaires pour permettre à leurs usagers mais aussi à ceux qui viennent de l’extérieur d’utiliser des ordinateurs et de suivre des formations. Cela va de la bureautique à la publication assistée par ordinateur en passant par la vidéo.
Relier les générations fait aussi partie des préoccupations de l’association. ’’Les trois-quarts de notre public sont des jeunes retraités (55/60), jusqu’à 85 ans’’, précise Pierre Bissery, jeune président de l’association. En 2008, les JN ont initié un partenariat, avec la Maison ouverte. Dans la continuité de ce partenariat, ils ont participé le 20 octobre dernier à une manifestation du Paris Point Emeraude (PPE). ’’L’idée c’est de montrer que l’informatique peut s’apprendre à toute âge’’. Des adhérents de l’association viendront aussi témoigner de leur expérience et de ce que cela leur a apporté.

Décloisonner les quartiers
Aujourd’hui, les JN gèrent dix lieux situés la plupart dans le sud de Paris : de la porte de Paris :de la porte de Choisy, en passant par la Cité universitaire, la porte Didot, la porte de Vanves jusqu’à la porte Brancion. Ils sont également presents au château ouvrier dans le quartier Pernety, dans le local de l’amicale des locataires de l’ilot Gergovie ainsi que dans le 19 arrondissement. Pourquoi tant de lieux ? ’’Cela permet ainsi aux uns et aux autres de découvrir d’autres quartiers,de passer les frontières et d’aller voir ce qui se fait ailleurs’’, explique Pierre. ’’Nous avons souhaité créer un maillage territorial et social et mettre à disposition des ressources informatiques à proximité des personnes’’. De plus les JN développent des partenariats avec les autres associations. Comme la réalisation du portail des jardins d’insertion d’Ile-de France avec l’association Graine de jardins.

Un portail multilingue d’accès au droit
Lutter contre les exclusions sociales est un autre thème développé par les JN. L’association travaille sur un projet de portail multilingue d’accès au droit, qui devrait être opérationnel fin 2009. Le but : ’’mettre sur internet en Français, en arabe et en chinois des points de droit’’, explique le président. Comme le prototype informatique Internet sera prochainement fini, ’’nous abordons la phase des contenus et cherchons des partenariats avec des associations juridiques, des personnes ou des associations pour les traductions et les contributions en lecture des articles fournis par les associations juridiques’’. Les articles fournis devront être accessibles à tous, permettront une première information servant à orienter les visiteurs vers des structures ou des associations adaptées ou specialisées (les points d’accès au droit, les maisons de la justice et du droit, les permanences d’avocat...).Tous les articles traduits seront aussi lus grâce à un enregistreur audio/video en ligne, installé sur le site. ’’Nous lançons dès maintenant un appel pour multiplier les partenaires (traducteurs, contributeurs pour lire et pour enseigner). Avis aux amateurs !’’
Parallèlement, les jardins mènent le projet de développer les échanges inter-associatifs. ’’Nous travaillons à la création d’outils permettant aux associations d’Ile-de France celles du sud de Paris et de la première couronne sud-de collaborer, de communiquer, de restituer leur travail et de mutualiser leurs pratiques’’. Pour voir si cela fonctionne,’’nous allons commencer par créer la plate-forme des associations franco-italiennes’’, explique Pierre Bissery. Le but est de rendre visible leur travail aussi bien sur l’apprentissage de la langue, la mise en valeur des régions, les arts et les artistes, et de restituer la mémoire de l’immigration. Si cette première étape fonctionne, nous irons plus loin et élargirons aux associations qui travaillent sur d’autres thématiques.

Muriel Rochut